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ISO 17024 : accréditer un organisme de certification de personnes

Diagnostiqueurs immobiliers, agents de contrôle non destructif, délégués à la protection des données : derrière chaque certificat de compétences se trouve un organisme certificateur, lui-même accrédité selon l’ISO/IEC 17024. Ce que la norme exige, qui est concerné et comment se déroule l’accréditation COFRAC.

La certification de personnes atteste qu’un individu possède les compétences définies par un schéma de certification : réaliser un diagnostic technique immobilier, contrôler une soudure par ressuage, exercer la fonction de délégué à la protection des données. L’ISO 17024 fixe les exigences que doit respecter l’organisme qui délivre ces certificats, et sert de référentiel au COFRAC pour accréditer les organismes de certification de personnes au sein de sa section Certifications.

Qu’est-ce que la norme ISO/IEC 17024 ?

La norme NF EN ISO/IEC 17024, intitulée « Exigences générales pour les organismes de certification procédant à la certification de personnes », est élaborée par le comité ISO/CASCO, en charge des normes d’évaluation de la conformité. Elle définit les principes et les exigences applicables à un organisme qui certifie des personnes par rapport à des exigences déterminées, y compris le développement et le maintien d’un schéma de certification.

Attention à l’édition citée dans vos documents : l’ISO/IEC 17024:2026, troisième édition publiée en mars 2026, remplace l’édition 2012, désormais retirée du catalogue ISO. Un organisme d’évaluation de la conformité qui construit son système aujourd’hui a tout intérêt à travailler directement sur le texte 2026.

La 17024 occupe une place précise dans la famille des normes d’accréditation. Elle couvre la certification de compétences individuelles, là où la certification des systèmes de management relève de l’ISO/IEC 17021-1 et celle des produits, procédés et services de l’ISO/IEC 17065. L’inspection et la validation/vérification obéissent à leurs propres référentiels, respectivement l’ISO/IEC 17020 et l’ISO/IEC 17029.

Le schéma de certification, colonne vertébrale de la norme

Toute certification de personnes repose sur un schéma de certification : l’ensemble des exigences qui définissent, pour une catégorie de personnes donnée, les compétences attendues, les prérequis éventuels (formation, expérience, aptitudes), les méthodes d’évaluation, ainsi que les règles de surveillance et de recertification. Sans schéma, pas de certification au sens de la norme.

L’organisme certificateur doit disposer d’un schéma pour chaque certification qu’il propose, et la norme exige que son développement et sa révision associent les parties intéressées de façon équilibrée, sans qu’un intérêt particulier ne domine. Un schéma n’est pas un programme de formation : il décrit ce que la personne doit démontrer, pas la manière de l’apprendre.

En France, une partie des schémas est encadrée par la réglementation : les référentiels applicables aux diagnostiqueurs immobiliers, aux contrôleurs techniques d’ascenseurs ou aux inspecteurs de systèmes de climatisation sont fixés par arrêté, et la certification des compétences du délégué à la protection des données s’appuie sur les référentiels adoptés par la CNIL en 2018. L’organisme candidat doit alors intégrer ces textes tels quels dans son dispositif.

Impartialité : certifier sans avantager ses propres stagiaires

Comme les autres normes d’accréditation, l’ISO/IEC 17024 exige que l’organisme identifie, analyse et maîtrise les menaces pesant sur son impartialité, qu’elles proviennent de ses activités, de ses relations ou de celles de son personnel. La menace la plus fréquente dans la certification de personnes est connue : la formation. Un organisme qui prépare des candidats et les certifie ensuite se retrouve juge et partie.

La norme ne l’interdit pas, mais elle impose de démontrer que l’évaluation reste indépendante de la formation : mêmes examens et mêmes conditions pour tous les candidats, qu’ils aient suivi ou non les préparations de l’organisme, et aucune présentation laissant entendre que la certification serait plus simple ou plus accessible pour ses propres stagiaires.

La décision de certification obéit à la même logique : elle est prise par l’organisme lui-même, ne peut pas être sous-traitée, et les personnes qui décident ne doivent avoir ni formé ni examiné le candidat concerné. Ce découpage des rôles structure l’organisation interne de tout organisme certificateur et fait partie des points systématiquement regardés en évaluation.

Des examens valides, fidèles et équitables

Le cœur opérationnel d’un organisme de certification de personnes, ce sont ses examens. La norme exige que les méthodes d’évaluation prévues par le schéma, épreuve écrite, orale, pratique ou observation en situation, soient conçues pour mesurer réellement les compétences visées, et qu’elles produisent des résultats constants d’une session et d’un examinateur à l’autre.

Cela suppose des dispositions concrètes : des sujets d’examen protégés contre la divulgation, des conditions d’épreuve équitables et documentées, des examinateurs qualifiés selon des critères définis et surveillés dans le temps, et une gestion des conflits d’intérêts au niveau individuel. Un examinateur qui a formé un candidat ne peut pas l’évaluer sans que cette situation soit traitée.

Ces exigences se traduisent en preuves : grilles d’évaluation, analyses de résultats, comptes rendus de surveillance des examinateurs. C’est sur ces éléments que l’évaluation COFRAC s’appuie pour juger la maîtrise du processus d’examen.

La surveillance des certifiés et la vie du certificat

La certification ne s’arrête pas à la délivrance du certificat. Le schéma définit une durée de validité, des modalités de surveillance des personnes certifiées pendant le cycle, et un processus de recertification qui confirme le maintien des compétences. L’organisme doit appliquer ces règles, y compris lorsqu’elles conduisent à suspendre ou à retirer un certificat.

L’organisme encadre également l’usage que les certifiés font de leur certificat et des logos associés, et il traite les réclamations et les appels selon des processus définis : un candidat recalé doit pouvoir contester la décision, et une partie qui met en cause un certifié doit être entendue. Ces mécanismes, parfois négligés dans les systèmes documentaires initiaux, font partie intégrante des exigences de la norme.

Le parcours d’accréditation COFRAC, section Certifications

En France, c’est la section Certifications du COFRAC qui accrédite les organismes de certification de personnes selon la norme NF EN ISO/IEC 17024. Le processus est cadré par le règlement d’accréditation CERT REF 05 : dépôt de la demande, examen de recevabilité, évaluation initiale, puis décision d’accréditation. L’évaluation combine l’analyse du système de management, une évaluation au siège de l’organisme et des observations d’activités de certification en conditions réelles, sessions d’examen comprises.

La portée d’accréditation s’exprime selon les règles du document CERT REF 08 et s’appuie sur la nomenclature des domaines techniques du document CERT CEPE INF 07, qui liste les activités de certification de personnes couvertes : diagnostics techniques immobiliers, contrôle non destructif, sécurité de l’information, expertise en assurance, entre autres. Pour plusieurs de ces domaines, la réglementation française rend l’accréditation obligatoire, par exemple pour la certification des diagnostiqueurs immobiliers, prévue par l’article R271-1 du code de la construction et de l’habitation.

Une fois l’accréditation obtenue, le premier cycle dure au plus 4 ans et comprend trois évaluations de surveillance, la première étant planifiée 8 mois après la prise d’effet, puis une réévaluation. Les cycles suivants, régis par le règlement d’accréditation transverse GEN REF 06, durent au plus 5 ans et comprennent deux évaluations de surveillance espacées de 20 mois, puis une réévaluation. Préparer ce parcours, construire le système documentaire et fiabiliser les processus d’examen avant la première évaluation : c’est précisément l’objet d’un accompagnement à l’accréditation mené par des consultants qui connaissent les attentes des évaluateurs.

Ce que change l’édition 2026 de l’ISO/IEC 17024

La troisième édition, publiée en mars 2026, introduit une évolution attendue : des exigences dédiées à l’usage de l’intelligence artificielle dans les activités de certification. L’organisme qui recourt à des outils d’IA, par exemple pour l’évaluation ou la surveillance d’examens, doit en valider les résultats, maintenir une supervision humaine appropriée et démontrer la compétence de son personnel dans l’usage de ces outils.

Le texte met également à jour la terminologie, s’aligne sur les éléments communs aux normes CASCO et ajoute une annexe B qui explique comment s’articulent les notions clés : activités de certification, processus, évaluations, examens et schémas. Pour un organisme déjà accrédité, la révision impose de passer son système en revue ; pour un candidat, elle définit la cible sur laquelle bâtir directement.

Exigences clés

  • Schéma de certification défini pour chaque catégorie de personnes certifiées
  • Analyse et maîtrise des menaces sur l’impartialité
  • Indépendance démontrée entre formation et certification
  • Examens valides, fidèles et administrés dans des conditions équitables
  • Décision de certification prise par l’organisme, sans sous-traitance
  • Surveillance des personnes certifiées et recertification périodique
  • Traitement des réclamations et des appels
  • Maîtrise de l’usage des certificats et des logos par les certifiés

Qui est concerné

  • Organismes certifiant les diagnostiqueurs immobiliers
  • Organismes certifiant les agents de contrôle non destructif
  • Organismes certifiant les contrôleurs techniques d’ascenseurs
  • Organismes certifiant les inspecteurs de systèmes de climatisation et de pompes à chaleur
  • Organismes certifiant les délégués à la protection des données (DPO)
  • Organismes certifiant les experts et évaluateurs en assurance
  • Organismes certifiant les auditeurs de systèmes de management et les professionnels de la sécurité de l’information
  • Autres domaines : ingénieurs professionnels, BIM, anticorrosion, équipes cynotechniques

Bénéfices de l’accréditation

  • Reconnaissance officielle de la compétence par le COFRAC
  • Accès aux domaines où la réglementation impose une certification sous accréditation
  • Crédibilité des certificats délivrés auprès des employeurs et des donneurs d’ordre
  • Reconnaissance des certificats au-delà des frontières via les accords de reconnaissance mutuelle entre accréditeurs
  • Fiabilisation des schémas, des examens et des décisions de certification
  • Différenciation face aux dispositifs de certification non accrédités

Documents Cofrac de référence

CERT REF 05CERT REF 08CERT REF 09CERT CEPE INF 07GEN REF 06GEN REF 11GEN INF 05

Questions fréquentes

La norme NF EN ISO/IEC 17024 définit les exigences générales applicables aux organismes qui certifient des personnes par rapport à des exigences déterminées, schéma de certification compris. Le COFRAC l’utilise comme référentiel pour accréditer les organismes de certification de personnes en France, au sein de sa section Certifications.

L’édition en vigueur est l’ISO/IEC 17024:2026, troisième édition publiée en mars 2026. Elle remplace l’ISO/IEC 17024:2012, retirée du catalogue ISO. Elle introduit notamment des exigences sur l’usage de l’intelligence artificielle dans les activités de certification et une annexe explicative sur l’articulation des notions clés de la norme.

Le schéma de certification rassemble, pour une catégorie de personnes donnée, les compétences exigées, les prérequis, les méthodes d’évaluation et les règles de surveillance et de recertification. L’organisme certificateur doit en disposer pour chaque certification proposée. En France, certains schémas sont fixés par la réglementation, comme ceux des diagnostiqueurs immobiliers.

Oui, mais sous conditions strictes : la norme exige de démontrer que l’évaluation et la décision de certification restent indépendantes de la formation. Tous les candidats passent les mêmes examens dans les mêmes conditions, et les personnes qui prononcent la certification ne doivent avoir ni formé ni examiné le candidat concerné.

La nomenclature COFRAC (document CERT CEPE INF 07) couvre notamment les diagnostics techniques immobiliers, le contrôle non destructif, les contrôleurs techniques d’ascenseurs, les inspecteurs de systèmes de climatisation et de pompes à chaleur, les délégués à la protection des données, les experts en assurance, les auditeurs de systèmes de management, le BIM, l’anticorrosion ou encore les équipes cynotechniques de recherche d’explosifs.

L’ISO/IEC 17024 encadre la certification de personnes : elle atteste la compétence d’un individu, démontrée par examen. L’ISO/IEC 17021-1 encadre la certification de systèmes de management : elle atteste la conformité de l’organisation d’une entreprise à un référentiel comme l’ISO 9001. Objet certifié, méthodes d’évaluation et cycle de validité diffèrent.

Selon le règlement d’accréditation CERT REF 05 de la section Certifications, le premier cycle dure au plus 4 ans, avec trois évaluations de surveillance puis une réévaluation. Les cycles suivants, régis par le règlement d’accréditation transverse GEN REF 06, durent au plus 5 ans, avec deux évaluations de surveillance espacées de 20 mois.

Nos consultants, anciens responsables d’accréditation du Cofrac, vous accompagnent à chaque étape : diagnostic initial, construction du système documentaire et des processus d’examen, préparation des équipes aux observations d’activités, audit à blanc et suivi continu via Mon Assistant Qualité.

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